Taille tôt, taille tard…

30/03/2013

…rien ne vaut la taille de mars!

 

Ils avaient sans doute de bonnes raisons, les anciens pour énoncer ce dicton : les grands froids sont passés, la sève commence à monter tout doucement, empêchant les champignons et autres parasites de s’introduire dans les plaies de taille.

On dit que la vigne pleure.La vigne pleure

Mais pourquoi pleure-t-elle?

Qui le sait?

Peut-être a-t-elle la nostalgie du temps où elle était une liane et s’élançait conquérante jusqu’à la cime des grands arbres. Aujourd’hui, et depuis quelques siècles, la main de l’homme la contraint à rester proche du sol  : viti-culture. Ce qu’elle a perdu en feuillage elle nous le rend en beaux et bons raisins. La vigne n’est pas une mauvaise fille.

 

Donc en mars, le vigneron est censé tailler. De nos jours (et sous nos latitudes bien sûr) il est en train de finir de tailler (sans aucun égard pour les dictons ancestraux, tout fout l’camp!).

Il faut dire que si l’on attendait le mois de mars pour commencer, c’est une armée de tailleurs qui serait nécessaire dans tous les vignobles. Entre 4 et 6000 souches à l’hectare au Domaine Rotier, par 35 ha, à raison de 100 à 150 ceps taillés à l’heure, faites vous même les calculs…

La période de taille débute donc en décembre et se prolonge tout l’hiver. Tailler n’est jamais urgent et ce qui n’est pas fait un jour peut l’être le lendemain. Il y faut pourtant de la constance, car chez nous le mieux est d’avoir terminé à la mi-mars pour effectuer tous les autres travaux de saison sans se laisser déborder.

 

C’est le cas cette année comme presque toujours. Heureusement, car le travail ne manque pas : installation du palissage dans les plantiers de Duras, arrachage de deux parcelles peu qualitatives, pose dans quelques jours des premiers diffuseurs d’hormones anti-vers de la grappe (méthode de lutte naturelle basée sur la confusion sexuelle, nous en reparlerons), et, quand cette foutue pluie voudra bien s’arrêter, remplacer les souches mortes et commencer à travailler le sol.

 

Déjà les bourgeons gonflent et l’herbe pousse, la nature s’éveille : le printemps est là et avec lui Pâques, temps où la vie triomphe…

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