Vignerons de l’Année du Guide Hachette 2024 dans le Sud-Ouest !

26/10/2023

Alain Rotier et Francis Marre obtiennent avec un Gaillac rouge leur 9ème “coup de cœur” dans cette appellation. Une cuvée Renaissance bien nommée, car les deux beaux-frères ont fait revivre la propriété acquise par les parents d’Alain sur des terroirs de graves de la rive gauche du Tarn, mis en valeur dès l’Antiquité. En trois décennies, le tandem d’ingénieurs agronomes a fait constamment évoluer le domaine, renouant avec les cépages locaux. Entretien avec Alain, vigneron bio qui se défend d’être un « exploitant ».

L'équipe

Votre famille a-t-elle ses racines en Gaillacois ?

C’est le cas de mon associé et beau-frère Francis Marre, fils d’agriculteurs et de viticulteurs de Montans. Sorti comme moi de l’école d’ingénieurs agricoles de Purpan, il m’a rejoint en 1997 et s’occupe des vignes (pas moins de 32 ha) et de la gestion, tandis que je me charge des vins et de leur commercialisation. Mes parents, fils de cultivateurs angevins et membres de familles nombreuses, s’étaient installés en 1960 dans le Tarn. Attirés par ces terres délaissées, ils ont fini par acquérir, en 1975, cette propriété du Petit Nareye. Ils ont fait monter en puissance la viticulture, ont remplacé des plants médiocres par des cépages de qualité, surtout rouges. Lorsque je me suis associé à eux, en 1985, j’étais fraîchement diplômé, si bien que nous sommes sortis de la coopérative. Une belle série de millésimes entre 1985 et 1990, nous a encouragés.

Comment avez-vous orienté le vignoble ?

Nous avons encore revu l’encépagement : en blanc, du len de l’el pour l’essentiel (9 ha, 80 %, avec un appoint de sauvignon), variété typiquement gaillacoise qui se décline en vins secs ou doux. Il donne son caractère à la cuvée Renaissance Vendanges tardives. Pas de mauzac, qui produit des vins mous sur nos graves, aucun effervescent. En rouge, nous avons arraché le gamay, dont nous tirions des gaillac primeurs qui nous ont aidés à démarrer mais qui sont aujourd’hui inadaptés au climat. Disparu lui aussi fin 2020, pour les mêmes raisons, le cabernet-sauvignon qui, les étés très secs, livrait des baies trop petites aux tanins ingrats. À la syrah (6 ha), qui réussit remarquablement sur ces graves, et au braucol (fer-servadou, 4 ha,), nous avons ajouté des variétés locales : 1 ha de prunelart, cépage « ressuscité », père du malbec, et surtout le duras, présent depuis au moins le XVe siècle à Gaillac, devenu notre plant principal (12 ha), exclusif dans notre cuvée L’Ame. Nous avons porté la densité des plants à plus de 6 000 pieds/ha, pour obtenir davantage de concentration dans nos vins, mais le réchauffement climatique nous dissuade de l’augmenter encore. Enfin, nous avons engagé la conversion bio du domaine en 2009.

Le Guide Hachette des vins 2024, p. 829

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